Quel acheteur n'a pas entendu ça...
Un grand classique, qui serait presque drôle, s'il ne revenait pas aussi souvent. Car pas mal de personnes partent du principe que si tout un chacun achète dans sa vie quotidienne (ses courses, des prestations comme le coiffeur etc), il n'est pas besoin de formation spécifique ni de bagage particulier pour acheter en entreprise.
Il faut dire que les entreprises ont largement contribué, à une époque heureusement révolue, à faire passer les achats pour un placard.
L'économie étant aujourd'hui mondialisée, l'acheteur a fini par acquérir une dimension stratégique de spécialiste des marchés amont.
Pourquoi marchés amont ?
L'acheteur achetant pour l'entreprise, il n'est pas le client final des produits qu'il prospecte. Il y a donc dans la fonction une notion de service très forte à l'égard des utilisateurs. On l'aura compris, l'acheteur, même très bon, ne peut travailler seul. Résolument orienté "transversal" dans l'entreprise, le poste nécessite, outre une bonne connaissance des produits et process de l'entreprise (transformation de matière première par exemple), une ouverture d'esprit (pour écouter ses clients : service qualité, commerciaux, production, bureau d'étude), une bonne maîtrise des langues étrangères (anglais courant + technique impératif, une 2e langue un plus), et un bon profil général doublé d'une spécialisation achats, ce ne sont pas les bonnes formations qui manquent, du Master Achat International de Strasbourg à celui de Bordeaux, en passant par l'inévitable DESMA de Grenoble.
Assurément considéré comme un centre de profit (il a une très forte orientation à la baisse des coûts), il pourra avoir un impact décisif sur les résultats de l'entreprise. Ainsi, une baisse de 10% des achats sur un budget de 10M€ d'achats se soldera sur une année par 1M€ de marge supplémentaire... Combien de vendeurs et de ventes aurait-il fallu pour récupérer autant de marge ?
Les chiffres paraissent tout de suite énormes, c'est oublier que dans l'industrie, les achats constituent souvent plus de 50% du chiffre d'affaires. Dans le commerce, ce ratio est beaucoup plus élevé.
On comprend dès lors que la fonction (qui est plutôt jeune puisque la "professionnalisation" date des années 70 pour coincider avec les premiers ratés de l'économie de marché), soit porteuse et le métier enfin reconnu... à partir d'une certaine taille de structure.
Et c'est dommage ! Les PME/PMI gagneraient à avoir des professionnels des achats à leurs côtés, les enjeux dépassant bien souvent le simple cadre d'un salaire versé (qui est récupéré très vite).



entre 2 tentatives de manipulation (laquelle manipulation passant inaperçue auprès de l'équipe comme un éléphant dans un couloir).











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