Dessine moi un LCC...
Par gregory massa le mercredi 18 février 2009, 22:05 - achats - Lien permanent
LCC... Low Cost Country... Une expression qui en dit long sur les pratiques en achat, du moins certains types d'achats... Du bon du moins bon aussi, un rêve d'acheteur les LCC... Un cauchemar aussi parfois !
Alors quand j'ai repéré sur un forum la question - pertinente au demeurant - de savoir comment on définit un LCC, je me suis dit que ça ferait un excellent billet...
Quels sont donc les critères qui peuvent permettre de classer un pays dans la catégorie "pas cher" ?
- le salaire bien sûr, premier élément. Nous avons tous en tête les images de la World Company (merci les Guignols) qui ont contribué à répandre l'idée de salariés payés des clopinettes à l'autre bout de la planète.
Connaître le salaire moyen d'un pays permet à l'acheteur de mieux négocier, on en reparlera plus tard, c'est le découpage du coût à acheter (ma méthode préférée de négo
Il existe bien sûr des études précises sur les salaires, ceux qui souhaitent trouver des indices pourront fouiller ici. (merci à Philippe Bassy du forum GEA pour le tuyau).
Concernant l'évolution des salaires, et l'historique de l'outsourcing - cad l'exportation vers un pays tiers de tout ou partie d'un savoir faire (industrie ou service, pas de jaloux) - rien de tel qu'un bon exemple musical.
A l'origine, Fender, la maison mère de la fameuse guitare Stratocaster, ne produisait que des guitares américaines.
Dans les années 80, une partie de la production part pour le Japon qui produisait à peu près l'équivalent en qualité de fabrication, pour moins cher.
Un peu plus tard, le niveau de salaire des japonais étant trop élevé (en coût de fabrication s'entend) par rapport à ce que les firmes souhaitaient offrir sur le marché, pas mal de concurrents de Fender ont décidé d'opter pour une fabrication en Corée du Sud.
Le temps de faire monter le personnel en compétences (les instruments Coréens jouissent d'un excellent rapport qualité/prix même si leur prix a pas mal monté ces dernières années), et encore une fois le marché (et peut être les actionnaires), ont estimé qu'aller fabriquer en Indonésie, puis en Chine, n'avait rien d'anormal, permettant ce faisant d'accroître les marges et de vendre encore moins cher.
Conclusion : une grande partie des guitares d'entrée de gamme sont fabriquées aujourd'hui en Chine. Avec une qualité de prestation plutôt honnête. Nombreux sont les guitaristes qui ont démarré dans les années 70 qui se font la réflexion de vivre une époque formidable, avec la possibilité de débuter avec du matériel fiable et pas cher, contrairement à il y a 30 ans !
On pourrait reprocher aux Chinois la qualité de leur travail mais j'aurais 2 réflexions éminemment personnelles sur le sujet :
- tout d'abord, les Chinois apprennent vite, très vite ; pour avoir vu des instruments Chinois du début de production et des instruments Chinois plus récents, ces gens là ont une faculté immense à combler le fossé de la connaissance et du savoir faire. Et pas qu'en copie. Ainsi, ils disposent depuis plusieurs années d'un format concurrent du DVD. Et avec plus d'un milliard d'habitants en marché intérieur, un concurrent pareil pourrait, pourquoi pas, un jour imposer son format ;
- également, je serais tenté de dire que le fabricant réalise à partir d'un cahier des charges et d'un budget ; que l'ouvrier soit coréen, nippon ou indonésien, il produira en mode sous-traitance avec ce que vous lui avez confié comme budget. Pas plus, pas moins.
Comme disent les anglo-saxons : you get what you pay for.
La prochaine fois qu'un jouet d'enfant se casse en 2 cinq minutes après l'avoir déballé, plutôt que d'insulter les chinois, posez vous la question de savoir si le fournisseur a donné un budget convenable pour la production 
Et vous, voyez-vous d'autres critères à la classification d'un pays en LCC ?
Demain, je vous parlerai du Big Mac.
